Votre maire pour Sevran 2026-2032
« Mars 2018. Après dix-sept années à la tête de Sevran, j’ai quitté mes fonctions.
Depuis, à chaque coin de rue, au marché, autour des terrains de foot, dans les cafés, la même question revient, posée avec sincérité, parfois avec une pointe de dépit : Pourquoi être parti ? Pourquoi ce départ, si soudain, si mal compris ? Comme si j’avais déserté le champ de bataille. Il y a souvent une attente, un reproche muet, une forme d’incrédulité. Alors je veux l’écrire ici, clairement, sans détour.
La vérité, c’est que ma santé s’est rappelée à moi. Pendant des années, j’ai négligé mon corps, absorbé par l’urgence, l’engagement, les combats quotidiens pour la ville. Je n’écoutais plus les signes, je repoussais les alertes. Jusqu’au jour où il a fallu s’arrêter. Mon corps m’a imposé une autre bataille, plus rude, plus solitaire, plus invisible. J’ai dû reprendre la main sur ce que je pensais acquis, retrouver un souffle, me reconstruire, porté par la volonté et le soutien des miens. C’est cela, d’abord, qui m’a conduit à passer le relais.
Les raisons politiques existaient, bien sûr. Le désengagement progressif de l’État, l’étranglement financier des collectivités, la perte de sens d’un mandat vidé de ses marges de manœuvre, l’absence d’une dynamique politique porteuse d’une vision critique de la situation, et surtout d’un projet d’avenir, d’une ambition pour notre pays. Ces dynamiques de fond ont renforcé la nécessité d’un nouveau départ. J’ai choisi alors de m’investir autrement, dans le privé, en créant ma propre structure accompagnant des entreprises et des collectivités sur des projets d’énergie et de transition écologique. Agir autrement, en reprenant la main sur mon temps et mes priorités.
Je suis parti avec confiance. En pensant que le projet serait assuré, avec loyauté, avec rigueur. Que l’engagement pris envers les habitants se poursuivrait. Que le flambeau serait transmis sans trahison. Je me suis trompé. »