Votre maire pour Sevran 2026-2032
« Et pourtant, tout avait commencé par un rêve. En 2001, lorsque je suis devenu maire, je portais une idée à la fois simple et puissante : faire de Sevran une ville debout, digne, capable de résister à l’abandon et de se réinventer à partir de ses forces vives. Une ville fière de son histoire ouvrière, de sa jeunesse, de sa diversité. Une ville qui ne courbe pas l’échine, qui ne quémande pas, mais qui affirme, exige, revendique sa place. Une ville qui refuse les assignations – géographiques, sociales, économiques. Une ville debout, vivante.
Aujourd’hui, ce rêve n’est pas perdu. Il doit être reconstruit. Non pas en rejouant le passé, mais en ouvrant de nouveau un espace démocratique et populaire. Car le moment est critique. Les communes, qu’on pousse à monter en première division, doivent le faire avec un budget d’équipe réserve. Les citoyens s’épuisent. Les services publics se désagrègent. L’État, longtemps centralisateur, est désormais fuyant. Il abandonne ses communes sans leur donner les moyens d’exister par elles-mêmes. Le risque est immense : uniformisation, résignation, dépossession.
Il est donc temps de reparler de la commune. Parce que nous sommes à un tournant. Entre ce que furent les politiques locales, quand elles portaient une vision et un souffle, et ce qu’elles sont devenues sous la pression des logiques comptables. Entre l’urgence sociale et écologique qui frappe nos villes, et l’impuissance organisée de nos institutions.
Ce livre est une invitation. À repenser la commune du XXIe siècle. À imaginer un avenir à la hauteur des habitants de Sevran. À reconstruire une politique municipale qui soit populaire sans être clientéliste, ambitieuse sans être technocratique. À faire émerger une nouvelle génération d’élus, d’agents, de collectifs capables de relever la tête, de tenir le terrain, de ne pas plier face à l’austérité, au cynisme, à l’abandon.
Une commune, non pas gestionnaire de pénurie, mais lieu de résistance, de création, d’émancipation.
Le choix est là, devant nous : réinventer un espoir commun ou sombrer dans l’uniformité froide d’un tableur Excel. Et moi, j’ai choisi : revenir, non pas pour restaurer un pouvoir, mais pour rendre à nouveau possible un souffle collectif. Pour que Sevran, comme tant d’autres villes populaires, retrouve sa voix, sa dignité, et sa capacité à faire société. Je reviens sans la moindre ambition nationale, simplement pour rendre à Sevran tout ce qu’elle m’a donné. »